Pourquoi la Dépolarisation est une tuerie
Je ne sais pas vous, mais perso, j’ai tendance à me mettre une sacrée pression tout seul1.
Du genre à éviter à tout prix de faire la moindre erreur, ou bien à vouloir faire excessivement plaisir aux autres.
En fait, je devrais plutôt parler au passé.
J’ai quatre enfants.
Parmi mes injonctions intérieures… Reformulons : Parmi les injonctions de mes petites voix intérieures – nuance, car nous ne sommes pas identique à notre cerveau ! – celle-ci : « Je dois être un très bon père de famille, absolument irréprochable ! »
Problème : depuis 16 ans, l’âge de mon aîné, il ne se passe pas un jour où je parviens à me comporter comme un très bon père de famille… selon ma perception de ce que devrait être un bon père de famille (bienveillant, calme, présent..) !
Seize ans dans la peau de Sisyphe, vous voyez, ce personnage de la mythologie grec condamné à répéter indéfiniment un geste vain (faire rouler du bas au haut d’une colline un rocher… qui en redescend immédiatement une fois le sommet atteint), 16 ans donc à tenter l’impossible.
Ça vous arrive aussi de vous flageller comme le dieu antique ?
Ma coach : « Voilà un excellent sujet de dépolarisation, Jérémie ! »
Une heure et demi de « DEPO » donc… et puis le collapse : l’injonction est vaincue, adieu Sisyphe, bonjour Dionysos, dieu des fêtes et de l’extase !
La petite voix intérieure s’est tue, depuis la séance et jusqu’à ce jour.
L’objectif parental est toujours bien ancré (bienveillance, calme, présence), on maintient le cap !, mais la charge mentale s’est quant à elle évaporée.
Arrête ton char Jérémie, ce n’est pas possible ton affaire ! Comment t’appelle ça encore ton bazar ? La décapilation ? La décrastination ? LOL, la DÉ-PO-LA-RI-SA-TION.
Cette affaire-là, les ami·es, est possible parce que, le process nous fait voir l’invisible, un peu comme l’enseigne le taoïsme ou la méthode des Constellations.
En Dépolarisation, l’invisible ce sont ces informations inaccessibles à notre conscience, bien dissimulées dans notre inconscient qui les cache généralement pour protéger notre ego.
Il y a des avantages à ne pas être un excellent père de famille.
Et il y a des inconvénients à être un père de famille impeccable.
Pour moi… comme pour mes enfants !

Et vous savez quoi ? Cette expérience est reproductible à foison, car la Dépolarisation peut éliminer toutes les injonctions de nos petites voix intérieures et limitantes qui nous créent stress, anxiété, tristesse, peur…
La « décapilation » va même plus loin.
La peur justement, parlons-en. Car on peut aussi dépolariser (traduisez éliminer) nos peurs2. Toutes nos peurs. Qu’elles soient financières, sentimentales, familiales… toutes nos peurs peuvent être supprimées. (Relisez bien cette dernière phrase, deux fois plutôt qu’une.)
Elles peuvent être éliminées… à condition de les regarder, ces peurs, bien en face, et de voir, notamment, tout ce qu’elles peuvent nous apporter… si elles se réalisaient. What ?
Oui, l’originalité de la « décrastination » est, notamment, sa contre-intuitivité. C’est aussi probablement l’ingrédient de sa puissance3.
Ce n’est pas encore fini.
La Dépolarisation s’occupe aussi de challenger nos allergies sociales – vous savez, ces comportements qui nous excèdent chez les autres (égoïsme/égocentrisme, arrogance, « méchanceté », hypocrisie… liste non exhaustive) et qui peuvent nous mettre dans tous nos états. Nos blessures psychologiques ou encore nos traumatismes sont aussi les bienvenues de Dépolarisation. Mais attention, il ne s’agit pas d’y aller à la légère, juste pour voir. Il faut le vouloir, vraiment. Pour que cela fonctionne, il s’agit d’ouvrir ses vannes, vous devez être enclin·e à vouloir en découdre avec vos douleurs, à déconstruire les perceptions qui vous ont guidé·e jusqu’ici.
L’optique est toujours la même : la méthode nous fait voir nos expériences d’un autre point de vue, elle nous propose une vision plus large de la réalité, nous offre un regard neuf sur notre vie.
Personnellement j’en ai beaucoup et pendant longtemps voulu à une personne de m’avoir profondément blessé. C’était une vraie entaille, douloureuse, cette personne n’avait à l’évidence pas été à la hauteur de la relation qui nous liait, le contrat n’avait pas été rempli. Failed, fired, go to hell !
Sauf que…
Sauf que c’était une vision basée uniquement sur ma perception des choses, sur ma vision de la réalité, forcément très personnelle.
Bien sûr, il y avait eu du mauvais, mais le mauvais avait aussi, et étonnamment, donné du positif, beaucoup de positif. Et puis cette « absence de mauvais » (hypothèse) aurait aussi pu me créer des problèmes, beaucoup de problèmes, toujours selon ma nouvelle perception des choses.
Pendant de longues années, j’ai vu une face du dé, et tout à coup, j’ai découvert les autres faces. Longtemps invisible à mes yeux, une nouvelle part de la réalité est soudain devenue accessible.
Et ça fait un bien fou.
Jérémie DETOBER, coach mental & de performance.
www.shift-my-mind.com
Autres articles
1. Dans un précédent article, j’ai présenté les grandes lignes de la Dépolarisation, cette méthode de coaching mental innovante et (très) puissante. Ce nouveau texte vise à aborder quelques situations inconfortables, difficiles voire carrément insupportables que nous expérimentons dans nos vies mouvementées et que la Dépolarisation peut nous aider à traverser plus sereinement.
2. Voir par exemple cette vidéo, qui explique comment supprimer la peur de perdre en sport.
3. Témoignage : « Les Jeux olympiques de 2022 se rapprochaient et je ne voulais rien laisser au hasard (…) J’ai alors identifié mon principal frein à la performance : la peur de l’échec. La peur de ne pas savoir saisir ma chance lorsque tout va bien (….) Celle que j’ai ressentie en 2018 quand je suis tombée sur la ligne d’arrivée en finale olympique. Six mois de Dépolarisation plus tard, j’arrive aux Jeux olympiques [de 2022] en tant que favorite. Je suis à l’attaque toute la journée, porté par l’envie de jouer, de prendre des risques, de tout tenter, sans rien regretter. (…) Ma différence profonde entre ces deux évènements est ma gestion mentale de l’enjeu. En 2022, je n’ai plus peur de l’échec. Je suis débarrassée de cette sensation qui me freine. (…) Je ramène fièrement une médaille d’argent olympique. » Chloé Trespeuch, médaillée d’argent de snowboard cross aux JO de Pékin (2022), Pierre David, Préparation mentale gagnante, Eyrolles, 2023.
